Comprendre la démarche de Libre Diffusion est excessivement simple:
Essayez de vous imaginer ce qui se passerait si l'on vous proposait de travailler au sein d'une multinationale... pour 100 Euros par mois. Je ne peux imaginer qu'une seule réaction à une telle absurdité... Répondre tout simplement : "Je ne peux que décliner cette offre; Ou il s'agit de travailler, et dans ce cas il me faut un vrai salaire pour vivre décemment, ou vous cherchez des bénévoles et il ne saurait être question de salaire !". C'est là, me semble-t-il, l'évidence même ! La proposition comporte en effet un antinomie interne ingérable, prétendant proposer un contrat bilatéral... sans retour (Si le ridiculement petit est amené à sa juste place dans la réalité : inexistant) .
C'est pourtant exactement l'attitude que ðnousï observons dans le "commerce de l'Art", écriture comprise. Qu'il s'agisse d'imprimer, d'éditer, de distribuer ou de revendre, la position est la même: nous sommes une ENTREPRISE, nous faisons donc de l'argent, c'est normal (Voir Brigitte Fontaine, ou, plus exactement, écouter). Quid du créateur ? Ce n'est pas une entreprise (Voir note en bas de page) ! Sans appel !.. Au bout du compte, le créateur est un matériau de construction pour de phénoménales masses financières... qui vivent de sa création et lui laissent (parfois) quelques miettes de pain pour le faire taire.
Et lui, de quoi vit-il ? A quelque exceptions près, numériquement si insignifiantes que nous les ignorons, de son travail... Il fait la plonge dans un restaurant, vend des hamburgers ou remplit des imprimés de sécu, quand il n'est pas tout simplement réduit au R.M.I. parcequ'il a une "sale gueule" . Expliquer pourquoi il accepte ne peut mener qu'à la polémique... Sautons donc le pas vers ce qui peut aboutir: l'alternative !
Quitte à ne pas vivre de sa création (Peu importe d'ailleurs que ce soit inévitable ou voulu par ceux qui en régissent l'univers), autant ne pas donner le fouet pour se faire battre. Or c'est exactement ce que l'on fait en procurant un pouvoir à ceux là même... qui daigneront tout au plus baisser la vitre électrique de leur voiture grand modèle, pour vous infliger leur mépris condescendant. Autant ne pas être complice de sa propre exploitation. D'autant que le commerce n'est pas la finalité de la création (La vraie), qui ne peut se concevoir que comme un DON. D'autant que la vraie récompense du créateur, c'est le plaisir qu'il procure à celui qui reçoit son oeuvre.
La diffusion libre est, par excellence, la démarche de non complicité : au bout du compte, le créateur crée et émet; Le récipiendaire reçoit et jouit... Et le commercial fait le commerce qu'il veut avec ce qui relève du commerce, c'est à dire : autre chose que des bénévoles à qui on "jette la pièce".
La rencontre de l'écrit et d'internet le permet... C'est un occasion qu'il ne faut pas manquer... Nous sommes là ! ! !
C'est si simple de ne pas être compliqué !..
Maadema
FCgraph
Note: Soyons honnêtes, quelques rarissimes êtres d'exception (Peut-on citer DALI sans provoquer un tollé d'indignations ?) relèvent (ou relevaient) en même temps du créateur génial et du commercial enragé... Ceci dit nous évoquons ici une généralité; nous parlons donc des millions d'autres, ceux qui sont capable de créer... mais pas un entreprise (Soyez juges, même si vous ne connaissez pas la question, même intuitivement : considérez vous un artiste comme un PDG ??? ).
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