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<< De LARMES et de FLAMMES <<
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DIALOGUE

 
 
Que me veux-tu donc , âme ?
Pour venir ainsi stopper ma route .

T'aurais-je causé quelque tort ?
T'ai-je donc porté atteinte ?

Je lis en toi la colère 
Et tu sembles me montrer du doigt ;

Pourtant je n'ai pas souvenir ,
Ne serait-ce que de t'avoir déjà rencontrée 

Et ton doigt ne fait que trembler 
Lors que ton poing devrait se fermer

Pour frapper aussi fort
Que tu sembles le désirer 
 

Mais il n'en est rien et ,
À te voir ainsi contenir 

Aussi bien ta force que ta rage ,

Je ne sais que m'interroger
Sans hélas trouver de réponse

A la première des questions ,
A laquelle je me dois de répondre ;

Tant ce que tu retiens
Suppose chez moi une faute ,

Tant ce que tu ne dis pas
Semble la pire des accusations ;
 

Ta maîtrise force mon respect
Mais j'échoue à comprendre :

Pour venir ainsi vers moi ,
L'esprit armé et le coeur noir ,

Que me veux tu donc , âme ?..

*

Te vouloir quelque chose ? ? ?
Mais tu te donnes là bien de l'importance ! ! !

Pour qui te prends tu donc , pensée fétide ?..
À supposer ainsi que ta putrescence m'intéresse ! ? !

Si j'avais quelque faveur à demander à Dieu
Je le prierais bien volontiers de me débarrasser

Aussi bien de toi que de toutes ces déjections
Que l'Univers laisse traîner un peu partout ,

Mais de ta part je n'attends pas la moindre décence ,
Pas même la plus élémentaire d'entre toutes :

Celle d'éliminer toi même cette souillure ,
Cette offense aux âmes que constitue ton existence ;
 

Mais je ne suis pas du Genre Humain
Et n'ai nul besoin d'intervention divine

Pour mettre fin au désordre qui vient m'assaillir ,
Pour châtier l'insolence avec laquelle tu oses m'aborder
 
 

Car depuis aussi loin que remonte ma mémoire
J'ai toujours effacé les obstacles qui se présentaient à moi

Et (je) me fais fort de te renvoyer au néant , ton Père ,
Ne serait-ce que pour faire ouvre de Bien Public .
 

Mais pour que tu aies vu la noblesse avant que de disparaître
Je t'offre cette dernière chance ; Que tu ne saurais pourtant même comprendre :

Ôte toi de mon chemin ! ! !

    *

L'Univers me semble en effet quelque peu en désordre ,
Car de tes propos , âme , les règles en sont absentes :

Ton chemin ne saurait s'arrêter .
Que là où tes propres pas l'ont mené !..

Et la ligne qui te menait vers ta destinée
Ne saurait s'être infléchie hors ta volonté
 

D'autant que la mienne m'emmenait bien loin
De cette rencontre qui semble tant t'importuner .

Mais j'ai appris que le désordre naissait du trouble ,
Qui ne doit jamais être négligé , encore moins ignoré ;

Or j'en aperçois nettement les effets sournois
Enchevêtrés dans la confusion qui t'égare à cet instant :

Quelle que soit la source de ta contrariété ,
Il m'appartient de la prendre en considération

De par la nécessité qui nous est commune à toutes deux
De concourir au maintien de l'équilibre , en toute chose ,

En toute circonstance et en toute situation ,
Afin que chacun puisse vivre en paix son éternité .
 

Rejoignons nous donc au moins en ce devoir :
Voyons ensemble comment écarter le trouble de notre route ,

Et pour ce faire , dis moi , je te prie , ce qui en moi
Engendre autant de mépris et de dégoût , à ma seule vue ;
 

Car même si tu pouvais me faire disparaître ,
Le souvenir de mon existence demeurerait présent

Et nulle âme ne saurait se débarrasser
De ce qui a existé , ne serait-ce qu'un instant .
 

Oeuvrons donc au moins pour ta paix éternelle
Développe donc tes griefs , que nous voyions ce qui peut être corrigé  :

Que me reproches tu donc ?..

*

Insignifiance née de rien et vouée à y retourner ,
Je ne saurais reprocher au Créateur ce qu'il a voulu !

Aussi , et bien que je ne sois jamais parvenue à comprendre
En quoi des nuisances telles que toi peuvent être nécessaires ,

J'en accepte le principe , et en subis sagement les conséquences .
Mais que ce qui souille ma connaissance ne vienne pas polluer mon parcours ;

Je te veux hors ma vue !..

*

Ainsi donc c'est mon existence même qui te trouble !..

Il est un fait que les pensées existent , et existeront toujours ,
Et s'il n'est que cela pour te fermer les portes de la quiétude

Voilà qui me renforce dans ma conviction à régler ce problème ,
Sur le champ , et toutes affaires cessantes ,

Car quand bien même je m'effacerais à jamais ,
Ta vue rencontrerait fort vite une autre pensée

Tant il est vrai qu'elles sont au même nombre que les âmes .

 *     *     *
 

 


 

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